En lançant After the End, une anthologie de romances post-apocalyptiques financée sur Kickstarter, Ali Hazelwood et Adriana Herrera ne se contentent pas de publier un projet collaboratif. Elles posent peut-être bien les bases d’un nouveau modèle d’édition indépendante et redonnent vie à un sous-genre souvent délaissé : la romance dystopique.
Une anthologie ambitieuse qui redéfinit les codes de la romance dystopique ?
Avec After the End: A Dystopian Romance Collection, Ali Hazelwood et Adriana Herrera ont imaginé une œuvre collective à la frontière entre la romance et la science-fiction. Chacune des huit autrices impliquées – parmi lesquelles Sherry Thomas, Claire Kent ou encore Nikki Payne – propose sa propre vision de l’amour dans un monde en ruines, entre survie, désir et reconstruction.
Ce format d’anthologie, plus proche d’un recueil de novellas, marque une rupture avec les productions habituelles de la romance contemporaine. Ali Hazelwood, connue pour ses comédies universitaires, explore ici des zones d’ombre inédites avec FIRST, une histoire de domination et de pouvoir dans un univers militaire effondré. Adriana Herrera, elle, y aborde les notions d’exil, de trauma et de renaissance, des thèmes déjà centraux dans son œuvre.
L’objectif est clair : montrer que la romance dystopique n’est pas qu’un décor apocalyptique, mais un terrain d’expérimentation émotionnelle.
Un manifeste pour une édition indépendante et sans compromis ?
Née d’un simple déjeuner entre autrices à New York, l’idée de After the End s’est rapidement transformée en projet-manifeste. En se lançant sur Kickstarter, Ali Hazelwood et Adriana Herrera ont choisi de s’affranchir des circuits éditoriaux traditionnels pour créer une œuvre 100% indépendante, du contenu à la production.
Aucune IA n’a été utilisée ni pour les textes ni pour les illustrations ; chaque décision, de la mise en page aux bonus physiques, a été pensée par les créatrices elles-mêmes. Les formats proposés – numérique, paperback et hardback collector – témoignent d’un soin particulier apporté à l’objet-livre.
Le succès dépasse toutes les attentes : plus d’un million de dollars récoltés, un record absolu pour un projet littéraire en 2025. Cette réussite confirme l’appétence croissante des lecteurs et des lectrices pour les initiatives créatives, transparentes et déconnectées des logiques industrielles classiques.
Quand la dystopie devient le nouvel horizon de la romance
Le triomphe d’After the End illustre peut-être bien aussi une évolution profonde du marché : les grandes voix de la romance cherchent désormais à sortir des cadres imposés par les éditeurs et à expérimenter de nouveaux sous-genres. La dystopian romance, longtemps éclipsée par la romantasy, retrouve ici une légitimité artistique et commerciale.
En croisant la tension du survivalisme avec la vulnérabilité des émotions humaines, Ali Hazelwood et Adriana Herrera rappellent que la romance peut aussi être un espace de réflexion sur la fin du monde et sur ce qui subsiste après.
Si le phénomène reste encore peu présent en France, l’engouement mondial pour After the End pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération d’œuvres hybrides, à la croisée du féminisme, de la SF et de la passion.










